Simon Roquère ou l'enfant de l'amour
Ludovic Massé

 

Quelques grandes figures mythiques accompagnent souterrainement le héros de ce livre : Oreste, sans doute, et la noire vengeance qu'il tire de la mort de son père ; Hamlet, à qui il faut d'abord remettre en scène la mort du Roi pour se convaincre de l'atroce vérité ; Oedipe encore, et sa lente remontée policière vers les sources du drame... Et pourtant, ce n'est que par antiphrase et ironie à l'égard du mélodrame familial que Simon Roquère est, dans le manuscrit, sous-titré ou l'enfant de l'amour. Car ce n'est pas ce cortège légendaire et son innombrable postérité dans la littérature, romanesque ou théâtrale, et dans le discours psychanalytique, qui a ému et mis en branle l'imagination du romancier, lorsqu'à la fin de la dernière guerre, replié dans l'Ariège, il entreprit de raconter d'après le témoignage d'un ami ce qu'en termes balzaciens, il appelle « une étude de moeurs et de caractères de petits bourgeois campagnards ». Ce qui a retenu, fasciné même, dans cette anecdote, Ludovic Massé, c'est la résonance « quasi-tolstoïenne » du récit et du héros, et l'écrivain retrouvait ici ce qui, depuis le début de son oeuvre, fait l'axe éthique et romanesque de sa création : la référence à l'enseignement de la vie et de l'oeuvre de Tolstoï.
L'auteur

Ludovic Massé est né le 7 janvier 1900 à Evol dans les Pyrénées-Orientales. Il publie, en 1933, chez Grasset, Le Mas des Oubells, qui connaît un très grand succès. L'année suivante paraît La Flamme sauvage, toujours chez le même éditeur. Suivent en 1945 et en 1953 Le Vin pur et La Terre du liège. Ludovic Massé participe aux grands courants de pensée de l'après-guerre à côté, notamment, d'Henry Poulaille. Il entretient une correspondance importante avec Roger Martin du Gard, Blaise Cendrars, Henry Pourrat, Raoul Dufy, Jean Dubuffet... Ludovic Massé meurt à Perpignan le 24 août 1982.
Ce qu'en a dit la presse

«Avant d'être un roman de moeurs et de mentalités, Simon Roquère est une oeuvre d'art qui communique du plaisir. Par une «forme de roman» que l'on réapprend de plus en plus à goûter. Dans un «style classique» mais physique, pulsionnel, servi par une qualité littéraire lexicale et sonore (il y a du souffle et de l'image) et par la vivacité du rythme d'une écriture très moderne»
(Jacques Quéralt, L'Indépendant)

Et aujourd'hui une traduction en vietnamien !

ISBN 2-908866-02-1, 1992, 222 pages, 17 €