L'empereur romain Caligula a laissé dans l'Histoire la mémoire d'un tyran sanguinaire et imprévisible, au point qu'il s'en est fallu de peu qu'il n'ait été frappé après son assassinat de damnatio memoriae (condamnation à l'oubli). Les historiens qui ont raconté son règne, comme Tacite et Suétone, ont en tout cas alimenté sa légende noire, sans qu'il soit facile de démêler à présent la vérité de l'intention polémique. C'est ce personnage historique qui inspire à Camus sa première pièce de théâtre, mais avec des motivations qui diffèrent de celles de l'original : Camus est en effet en train d'élaborer son premier cycle philosophique dédié à l'Absurde, et il fait de son Caligula une sorte de champion « obsédé d’impossible, empoisonné de mépris et d’horreur, [qui] tente d’exercer, par le meurtre et la perversion systématique de toutes les valeurs, une liberté dont il découvrira pour finir qu’elle n’est pas la bonne. » L'exercice de la tyrannie de ce personnage est donc à définir dans une perspective philosophique, ce que les documents complémentaires vous permettront de préciser une fois que vous aurez lu/vu la pièce en entier et exploité les extraits qui vous sont proposés. |