Avec Le Dictateur, nous abordons la question des régimes autoritaires du XXe siècle et en particulier, dès les années 20 en Italie et 30 en Allemagne, des dictatures, selon la définition de Fossey John Cobb Hearnshaw : « La dictature est la négation de la démocratie. Elle est la forme du gouvernement que les Grecs ont très bien désignée par le terme de tyrannie, c'est-à-dire le commandement irresponsable d'un seul homme. Elle représente la domination de la force en politique, contre la raison. Sa méthode est la violence. Elle implique la suppression de la liberté - la prohibition de la liberté de parole, la censure de la presse, l'abolition du droit de réunion publique, le silence de la critique, l'écrasement de l'opposition, et même (comme il semblerait) le meurtre des éventuels antagonistes. » C'est bien ainsi que Charlie Chaplin perçoit les régimes de Benito Mussolini et surtout d'Adolf Hitler, alors qu'il ne peut que pressentir la caractéristique totalitaire du régime nazi, et qu'il décide de les dénoncer, malgré de fortes oppositions aux Etats-Unis, avec les armes qui sont les siennes, le cinéma et le comique. Votre travail sur Le Dictateur pourrait donc s'organiser autour de plusieurs axes :
- la mise en évidence des principales caractéristiques du régime effectivement tyrannique d'Adenoïd Hynkel : quelles scènes ? quelles situations ?
- l'expression cinématographique particulière de la tyrannie dans les gestes et les paroles du dictateur.
- la dimension satirique de cette dénonciation : quels sont les atouts mais aussi les limites du comique lorsqu'il s'agit de lutter contre une violence politique aussi solidement installée ?
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