FLAGELLUM (μάστιξ)

  1. Verges, ou fouet avec plusieurs cordes tortillées et nouées comme les nombreuses antennes du polype, qui sont désignées par le même nom (Ov. Met. IV, 367) ; il servait principalement pour châtier les esclaves (Juv. VI, 478 ; Hor. Sat. I, 2, 41 ; 3, 119 ; Marcell. Dig. 48, 19, 10). Quoique le mot soit un diminutif de flagrum, ce fouet était en réalité beaucoup plus dur ; le diminutif en effet ne s'applique qu'à la finesse des fibres qui le composaient, mais cette finesse même augmentait la douleur des coups. Aussi est-il caractérisé par l'épithète horribile. Dans certains cas, il donnait la mort (Hor.  ll.cc.) Les blessures qu'il faisait sont toujours exprimées par des mots qui indiquent l'action de couper, ainsi caederesecare, scindere (Hor. Juv. Il. cc.; Ov. Ibis, 183), par opposition à ceux qui accompagnent flagrum et qui expriment l'action de frapper lourdement ou avec force, comme pinsere ou rumpere. Le fouet tenu par le personnage qu'on voit debout dans la gravure, et copié d'après l'anse d'un pot de bronze trouvé à Pompéi, représente sans doute un de ces instruments ; mais on concevra facilement que la figure est trop petite pour donner une idée réelle de l'objet.
  1. Fouet pour conduire (Virg. Aen. V, 579 ; Sil. IV, 440) : ce mot désigne un fouet plus fort que ceux dont on se servait communément ; il avait deux ou trois lanières par exemple, au lieu d'une seule comme la scutica . Le specimen donné ici est entre les mains d'un Triton dans une peinture de Pompéi.
  1. Courroie attachée au harpon (aclis) pour le ramener à soi après l'avoir lancé (Virg. Aen . VI, 730 ; Serv. ad l .).

FLAGRUM

  1. Instrument dont on se servait principalement pour punir les esclaves (Plaut. Amph. IV, 2, 10 ; Mart. XIV, 79) ; il était composé de plusieurs chaînes avec des boutons de métal aux extrémités (de là l'épithète durum, Juv. V, 172) et attaché à un manche court, de la même façon qu'un fouet ; il donnait des coups pesants plutôt qu'il ne cinglait. Aussi ses effets sont-ils exprimés par des mots qui signifient frapper lourdement, battre avec force, briser (pinsere, Plaut. Merc. II, 3, 80 ; rumpere, Ulp. Dig. 47, 10, 9), et non couper ou cingler, trait caractéristique du flagellum. On trouve cependant dans Tite-Live (XXVIII, 11) caesa flagro. La gravure est copiée d'un modèle découvert à Herculanum ; on a trouvé aussi d'autres specimens dans les maisons de cete ville, avec deux et cinq cordes, mais du reste semblables à celui que nous donnons.

  1. Flagrum talis tessellatum (μάστιξ ἀστραγαλωτή). Fouet composé de plusieurs lanières (prolixe fimbriatum) auxquelles on attachait des osselets de mouton (tali) ; il était fixé à un manche court ; les prêtres de Cybèle affectaient de s'en frapper pour exciter la compassion de la multitude ignorante (Apul. Met. VIII, p.173). La figure ci-jointe, correspondant en tout point à notre description, est copiée d'un bas-relief de marbre représentant Cybèle entourée des divers objets employés dans son culte, au nombre desquels est ce fouet.

  2. Flagrum fimbriatum (Apul.l.c.). Fouet muni de plusieurs lanières qui pendant ensemble comme une frange (fimbria) : de là vient le nom.