Statue de Terpsichore, muse de la danse, jouant d'une lyre en carapace de tortue
IIe s.apr.JC - Hall des Muses, Musée Pio Clementino, Musées du Vatican, 2013
© Agnès Vinas
TESTUDO (χέλυς, χελώνη)
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Dans le premier sens du mot, une tortue ; par extension, ce
nom est donné à un instrument à cordes
particulier (Cic. N.D. II, 57 ; Hor. A.P. 394),
qui forme une variété de la lyra. C'est
la lyre, non dans sa première simplicité, mais
perfectionnée par l'addition d'une pièce
concave, en travers de laquelle les cordes étaient
tendues pour que les sons en devinssent plus pleins et plus
retentissants. Ce nom venait d'une légende
d'après laquelle Mercure, le fabuleux inventeur de cet
instrument, en aurait conçu la première
idée en voyant, sur les tables de l'Egypte, une
écaille de tortue en travers de laquelle des fragments
de la peau desséchée du ventre étaient
restés tendus en cordes minces, qui firent
résonner différentes notes quand ses doigts les
ébranlèrent (Serv. ad Virg. G.
IV, 464 ; cf Homer. H. in Merc. 24-54).
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Par suite, on donna à la table d'harmonie la
forme d'une écaille de tortue, comme on le voit
dans le specimen ci-joint, qui, dans une peinture de
Pompéi, est entre les mains de Mercure. On la
faisait résonner avec les doigts et le
plectrum. La distinction établie
ci-dessus, quoique sans aucun doute elle soit
fondée, n'est pas, toutefois, rigoureusement
observée ; car les poètes appliquent
souvent ce terme indifféremment à toute
espèce d'instrument à cordes, lyre
ou
cithare.
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Plafond orné de quatre plans convergeant vers
un centre (Vitruv. V, 1, 6), distinct de la
voûte (camara) et du dôme
(tholus) ; par suite, ce nom se donne aussi
à l'appartement couvert d'un plafond comme
celui que nous venons de décrire (Varro,
L.L. V, 161 ; Cic. Brut. 22). La figure
que forment les quatre plans s'élevant
jusqu'à un point qui est leur sommet commun,
est bien indiquée par les deux lignes qui se
coupent au milieu de la gravure ci-jointe, et qui
sont destinées à représenter le
toit d'un
atrium, dans un fragment du plan de Rome, en
marbre, que l'on conserve au Capitole.
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Hangar en planches, couvert de peaux non tannées, et
placé sur des roues, de sorte qu'on pouvait le
transporter où l'on voulait pour protéger les
hommes pendant qu'ils creusaient des tranchées et
faisaient leurs approches vers les murs d'une ville
assiégée (Vitruv. X, 15 et 16 ; Caes.
B.G. V, 42 et 40) ; ou pour couvrir ceux qui
manoeuvraient le
bélier : on l'appelait alors testudo
arietaria (Vitruv. X, 13, 2) ; c'est ce que
représente la gravure ci-jointe, d'après un
bas-relief de l'arc de Septime Sévère.
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Toit que les soldats faisaient au-dessus de leur tête
avec leurs boucliers pour se défendre des traits de
l'ennemi, surtout quand ils s'avançaient au pied des
murs d'une place fortifiée, pour les escalader (Caes.
B.G. II, 6 ; Tac. Hist. III, 27 ; IV, 23). On
élevait les boucliers au-dessus des têtes et des
épaules en se serrant de manière qu'ils se
touchassent et se recouvrissent mutuellement par leurs bords,
de sorte que leur réunion formait une masse, compacte
comme l'écaille d'une tortue ou la pente d'un toit, et
sur laquelle les projectiles glissaient sans atteindre les
soldats qui marchaient dessous (Liv. XLIV, 9). Ce qui
complétait le toit, c'était que les soldats du
rang extérieur étaient à genoux pendant
que ceux des rangs antérieurs se tenaient de plus en
plus droits.
Ces détails seront mieux saisis à l'aide de la
figure ci-dessus, tirée de la colonne d'Antonin, et qui
représente un corps de soldats romains faisant la
testudo en marchant à l'assaut d'une forteresse
germaine.
Attaque en tortue - Colonne de Marc-Aurèle, 176 à 193 apr.JC - Piazza Colonna, Rome, 2001 - © Agnès Vinas